Rassembler : de la politique à l’assiette!

Rassembler les gens, faire le bien. C’était la volonté de Marcello qui pensait y arriver grâce à ses études en droits et son travail en politique. Mais près de 10 ans plus tard, c’est plutôt dans une cuisine qu’il se sent le mieux. Portrait du gran_d_tour d’un homme pour qui la demi-mesure n’est pas une option.

Tout juste diplômé du Barreau, Marcello reçoit déjà des offres d’emplois en politique et accepte un poste de conseiller auprès de Raymond Bachand, alors Ministre des Finances dans le cabinet libéral. Nous sommes en 2012 lors de la la crise étudiante de 2012 qui a secoué toute la province.

manif

Le gouvernement Charest déchu, Marcello revient à Montréal et devient le bras droit de Marcel Côté pour les élections municipales de 2013. Accompagnant l’homme plus de 14 heures par jour en représentation, il mène sa campagne et s’y investi aussi personnellement, au point tel qu’il devient candidat à Ville St-Laurent!

«On a perdu l’élection. Et Marcel Côté est décédé. Après ça, c’était trop. J’ai décidé de quitter la vie politique et d’essayer autre chose. J’ai été engagé par une firme de relations publiques.»

Si Marcello avait toujours aimé le droit en théorie, le milieu lui semble moins noble. L’hyperactif s’ennuie et cet emploi ne dure pas.

«Par la suite, j’ai eu une période assez sombre. Une année Netflix si on peut dire… Je n’avais plus de drive, je doutais de moi, je ne savais plus ce que je voulais. Ça ne m’était jamais arrivé…»

À bout de ressources, il décide d’aller faire une retraite de méditation Vipassana à Montebello.

«10 jours intenses. Tu ne manges presque pas et tu médites tout le temps. C’est interdit d’entrer en communication avec quiconque, même en non verbal. C’est tellement tough. Tu revis plein de choses. Tous les jours, je voulais quitter. Mais je suis resté par orgueil, pour me prouver que j’étais encore capable d’accomplir quelque chose!»

Et c’est grâce à ça qu’il décide de donner une chance à son goût de cuisiner.

«C’était quelque chose qui m’intéressait depuis longtemps. Plus jeune, j’étais revenu d’un voyage en Amérique du Sud de 6 mois en voulant m’inscrire à l’École culinaire. Mes parents m’avaient alors dit que je pourrais toujours revenir à la cuisine, en étant mieux pour l’instant de sécuriser un métier avec de meilleures possibilités d’avenir.»

Alors Marcello avait pris le chemin sécuritaire, en imitant les membres de sa famille, pratiquement tous avocats.

«J’ai longtemps pensé que c’était une erreur d’avoir étudié en droit. J’étais fâché contre moi, mais contre mes parents aussi… Je leur faisais confiance de savoir mieux que quiconque ce qui devait être bon pour moi…»

Aujourd’hui, il voit les choses différemment, sans hargne ni regret.

«La restauration et la politique ont la même intensité. Pas étonnant que les deux m’intéressent. Quand tu dois écrire une réponse sur une question politique épineuse qui sera enregistrée à la télé 3 minutes plus tard, tu ne peux pas te tromper parce que l’erreur peut te suivre longtemps. De la même façon, quand je suis en cuisine et que je vois l’imprimante qui ne cesse d’envoyer de nouvelles commandes quand je suis déjà dans le jus, j’ai chaud! C’est ça que j’aime au final!»

Il fait donc ses classes dans les restos de Montréal. Mais le statut d’avocat VS sous-chef n’est pas facile à avaler.

«Je faisais des heures de fous, toujours de soir et de nuit. Tu te fais crier après tout le temps, les gants blancs n’existent pas en cuisine. Et je faisais le même salaire que quand j’étais ado! Le petit gars d’Outremont trouvait ça dure sur son égo, même si j’aimais profondément cuisiner.»

Depuis peu, Marcello est entrepreneur. Avec son frère et sa soeur, il a récemment acheté le café L’Époque, situé au rez de chaussé de l’entreprise Rudsak, dans le quartier Chabanel. Déjà traiteur, il a maintenant un local où préparer ses plats en plus d’une clientèle fidèle provenant des bureaux du géant Montréalais.

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«C’est idéal ce café. On est ouvert du lundi au vendredi. Je fais le menu. J’ai toute la latitude du monde et je peux enfin être créatif. Ça me manquait comme avocat. Quand j’ai travaillé dans les restaurants, j’y goûtais un peu, mais c’était toujours selon les standards du chef. Maintenant, c’est moi qui fais mes assiettes. Je suis imputable de tout. Quand ça marche comme quand ça plante. Mais j’y prends plaisir. C’est cliché, mais finalement j’étais un artiste pogné dans un suit.» #rire

«Je suis fier à nouveau. Ça a été une longue traversée du désert, mais maintenant je suis content. Je fais ce que j’aime et c’est l’exercice d’humilité qu’il me fallait. C’est ce que mon père me répétait quand j’étais vraiment down et il a finalement eu raison.»

«Dans les prochaines années, je voudrais ouvrir un bar à vins/tapas et éventuellement me retirer en campagne pour élever mes animaux et cuisiner à partir de ma production locale. Et je ne dis pas non à m’impliquer au niveau municipal non plus! L’important c’est de rassembler les gens, par la bouffe ou les projets!»

ADRESSE : Café L’Époque, 9150 Boulevard Saint-Laurent

Julie

Julie a travaillé pendant 10 ans comme cadre marketing dans des compagnies financières du Québec. Un jour, ça ne va plus. Cette vie ne la rend plus heureuse et elle décide de quitter ce milieu pour devenir consultante et fonder GRAN-D-TOUR, une plateforme web qui souhaite inspirer les gens à faire à leur tête et à ne pas hésiter à changer de direction quand ils en ressentent le besoin.

About Julie

Julie a travaillé pendant 10 ans comme cadre marketing dans des compagnies financières du Québec. Un jour, ça ne va plus. Cette vie ne la rend plus heureuse et elle décide de quitter ce milieu pour devenir consultante et fonder GRAN-D-TOUR, une plateforme web qui souhaite inspirer les gens à faire à leur tête et à ne pas hésiter à changer de direction quand ils en ressentent le besoin.

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