Costa Rica + yoga + surf = zénitude

Ayant visité plus de 25 pays et étant partie à maintes reprises pour plusieurs mois en solo, je pense pouvoir dire que je suis une habituée du voyage. Alors pourquoi cette peur de partir seule pour 10 jours au Costa Rica? Est-ce parce que je vieillis ? Est-ce le fait d’avoir perdu ma naïveté suite à mon traumatisme crânien et d’en traîner des séquelles depuis 3 ans ? (J’entends certains me dire que j’ambitionne avec cette excuse, mais juré-crashé, ma relation avec le risque complètement changé suite à cette expérience. Maintenant, c’est simple, j’ai peur de tout! Heureusement que je suis «graillée» en orgueil parce que c’est une des seules raisons qui me pousse à encore relever des défis quand je fais un petit pipi nerveux dans ma culotte !)

Ce serait tellement plus facile de me complaire dans le confort de ma routine en essayant de me faire croire que de m’acheter un nouveau bien suffirait. Mais non! Malgré ce que plusieurs qualifient de fuite, je vous le confirme encore aujourd’hui : voyager est essentiel pour moi. Même si j’aimerais parfois que vous ayez raison, je ne suis toujours incapable de sentir ma vie complète sans régulièrement partir à l’aventure découvrir une autre culture.

image1La piqûre du voyage, je l’ai eu à 17 ans. Lors d’un party, un peu saoule, j’ai décidé de suivre une connaissance, qui allait bientôt devenir ma grande amie et âme sœur de vie, dans l’Ouest canadien. Le plus gros coup de tête de ma vie! (J’en profite pour remercier mes parents qui m’ont laissée partir sans aucune supervision avec seulement 3 jours de préavis.)

Lors de ce périple, l’expression «école de la vie» a pris tout son sens et ma façon de voir le monde a changé à jamais.

Ce sentiment de liberté est devenu une obsession, avec un gros goût de «revenez-y».

Après cette année dans l’Ouest, une autre en Australie en solo et un 6 mois en Asie du Sud-Est (pour nommer que ceux-ci), je pensais donc être immunisée contre la peur du départ. Mais pour la première fois, à la veille de mon 10 jours (!) de surf et yoga au Costa Rica, j’ai eu peur de partir. Pourquoi?

image1-3C’est finalement après quelques jours d’introspection à Santa Teresa que j’ai compris d’où venait ce sentiment : c’était la première fois que je partais dans l’idée de travailler sur mon équilibre de vie, consciemment. Ouf! Ça sonne intense, trentenaire.

En fait, tous les voyages que j’ai faits m’ont fait grandir, mais je ne suis jamais partie avec ce but précis en tête. Je partais avec une envie de dépaysement, d’aventure, de goût du risque. Mais cette fois-ci, l’approche a été différente parce que c’est mon corps qui m’a crié : ARRÊTE!

image2N’ayant pas pris de vacances depuis plus d’un an, j’avais envie (besoin) d’un endroit sain pour récupérer. Et je me suis laissée guider par le hasard: le billet le moins cher était pour le Costa Rica et la première activité recommandée par les internets était la retraite de surf et yoga.

N’ayant jamais fait aucun des deux (sauf une fois en Australie où, naïvement, j’avais cru être assez autodidacte pour m’enseigner le surf… Résultat : beaucoup de bouillons et une planche sur la tête…), ça m’inquiétait un peu…

Mais mon instinct parlait plus fort alors j’ai opté pour une retraite à la carte afin de ne pas me retrouver prise dans une routine que je n’aimais pas.


«Pura Vida»
, les premiers mots prononcés par mon chauffeur de shuttle, résument bien ce que j’allais découvrir et ce qui me charmerait de ce pays. C’est tellement tranquille en comparaison avec mon régime de vie habituel que c’était presque stressant! 

image2-2

24h plus tard, j’avais perdue toute notion de temps. Je ne savais plus quel jour on était, même si j’étais arrivée le jour précédent. Et c’est là que j’ai repris conscience de ce qui me pousse à voyager autant. J’atteint un état d’esprit qui me permet de m’écouter totalement (tsé l’affaire qui est quasi impossible à faire dans son quotidien…).

Toute la pression – et surtout celle qu’on s’impose soi-même – disparaît et tu as toute la latitude du monde pour faire ce que tu veux.

Juste ce que je veux.

Et on dirait que comme par magie, les étoiles s’alignent.   La personne qui a attiré ton attention sans raison dans ton vol s’adonne à se retrouver sur ton chemin et coïncidence, elle est aussi là pour faire du yoga et du surf. Tu suis ton instinct et tout se place naturellement. Il faut juste être capable d’être à l’écoute, à l’affût de cette fameuse petite  voix.

image1-2Alors quand je me suis mise au yoga et au surf, j’y ai trouvé le parfait équilibre! Coup de foudre instantané! Il faut dire que j’avais essayé le yoga deux ou trois fois auparavant et que je ne m’y étais jamais sentie à ma place. Mais cette fois-ci, c’était magique. S’accorder autant de temps pour se concentrer sur  son corps, à la fois pour le relaxer et le renforcer, c’est très puissant.

image4Pour une fille qui va toujours à 200 000/h, faire le vide est rare, surtout dans la jungle entourée de singes! Quant au surf, c’est l’ultime liberté que de se laisser aller sur la vague, tout en  restant aux commandes. Dans les deux cas, on est à 100% dans le moment présent, autant dans notre corps quand dans notre tête, en harmonie.

Reste à voir si je serai aussi zen à mon retour…

À suivre 🙂

Véronique Brisson

Vero est réalisatrice et co-fondatrice de GRAN-D-TOUR. Elle travaille encore à temps plein, mais espère un jour être capable de passer ses journées à réaliser des documentaires sur des gens inspirants.

About Véronique Brisson

Vero est réalisatrice et co-fondatrice de GRAN-D-TOUR. Elle travaille encore à temps plein, mais espère un jour être capable de passer ses journées à réaliser des documentaires sur des gens inspirants.

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