Ann, l’âme d’une marathonienne

Par 13 mars 2017inspiration, Julie, Mode de vie
<Je suis une intense, je ne fais rien à moitié.> Belle et souriante, Ann a l’énergie contagieuse et une volonté de fer. Se mettre au défi, c’est ce qui la motive. Elle complétait l’an dernier son premier marathon, moins de 2 ans après avoir commencé à courir et elle y est parvenue malgré des douleurs chroniques depuis plus de 30 ans à cause d’un bassin dévié, d’un diagnostic d’arthrose et 2 hernies lombaires des suites d’un fâcheux accident à l’âge de 17 ans.  Portrait d’un gran-d-tour de mode de vie.
<Je te remercie de t’intéresser à mon histoire, mais je ne pense pas que ce soit à la hauteur des autres gran-d-tour que vous avez faits.> Raconte-moi donc ton histoire banale pour voir… ?

Originaire de Rimouski, Ann est une enfant sportive. Elle fait du patinage artistique et se rend aux qualifications du championnat du Québec. Mais à 17 ans, tout s’arrête quand elle se dévie le bassin et se fracture le coccyx. Son corps en prend un coup, elle n’arrive plus à se tenir droite.

 

L’adolescente de l’époque tourne alors le dos au sport. De toute façon, elle a mal partout.
<Le médecin voulait me prescrire des pilules antidouleur, mais j’ai refusé. J’étais prise avec ces douleurs pour le reste de ma vie, je n’allais pas en plus m’empoisonner le corps pour toujours!> Aux dires d’Ann, on apprend à vivre avec la douleur chronique. Elle n’est pas le genre à se trouver des défaites, au contraire! Les défis de taille l’attirent.

 

À 30 ans, suite à une expérience professionnelle difficile, elle part sur un coup de tête en cyclo-camping dans sa ville d’origine. Elle n’a jamais monté une tente de sa vie, mais elle a besoin d’un contact avec la nature. Dehors, seule, à réfléchir et faire le point. Elle revient de son périple énergisée, soulagée et prête pour de nouveaux défis.

 

Et elle découvre que le sport l’aide à avoir moins mal. Étonnamment.

 

Elle se met donc à faire plus de vélo. Le sport réintègre peu à peu sa vie. Il faudra cependant une période de grande noirceur pour qu’elle redevienne la sportive qu’elle était. En 2008, sa mère décède. Il en est de même pour son père en 2010. Elle met ensuite fin à une relation de 11 ans en 2011 et son unique fils quitte le nid familial pour l’armée en 2012. Ann a l’impression de perdre tous les piliers de sa vie.

<À ce moment-là, je me suis posée de grandes questions. Qu’est-ce que je fais de ma vie maintenant? Qu’est-ce que j’aime, moi?>

Elle se lance donc dans la peinture.

À chaque itération, elle se dit qu’elle ne sait pas dessiner, mais chaque fois, ses tableaux prennent tranquillement forme sous ses yeux. Parfois elle peint du matin au soir, sans manger ni arrêter. Cet art lui nourrit l’âme.

 

Elle aurait cependant envie de cette même satisfaction au niveau physique.

En 2015, en voyant une collègue de travail courir, elle se dit qu’elle devrait peut-être essayer.

<J’ai fumé jusqu’à 44 ans alors j’ai commencé progressivement. Je me souviens que la première fois que j’ai couru trois minutes consécutives, j’ai fait la danse de la pluie devant chez moi en revenant! Mes voisins devaient me trouver folle! Et j’ai décidé de m’inscrire à un premier 10 km avec ma boss de l’époque!>

Son corps en redemande. Alors Ann court davantage. En septembre 2015, elle fait son 1er demi-marathon – 8 mois après s’être mise à la course.

<Et en allant chercher mon dossard, je me suis inscrite au marathon complet qui avait lieu un an plus tard. Il y avait une aubaine, alors en bonne magasineuse, j’en ai profité!>

 

Et elle se met à s’entrainer de façon religieuse avec une coach.
<Cette femme m’a aidée à perfectionner ma technique, mais au-delà de ça, elle m’a vraiment inspirée et communiqué sa passion pour la course.> Et elle réussit le marathon en trouvant cela plus facile qu’anticipé.

<C’est tellement satisfaisant de se dépasser. J’aimerais tellement que les gens comprennent le bien-être que ça procure. Je me sens comme Jésus qui a la Bonne Nouvelle à répandre !!! On se découvre de grandes forces en repoussant nos limites. On pense qu’on a atteint le maximum et c’est le fun de voir qu’on peut encore aller plus loin, qu’on persévère. J’ai découvert que je suis bien quand je sors de ma zone de confort.>

Et on se dépasse comment quand on a fait un marathon et qu’on a trouvé ça facile?
<En faisant un 2e marathon! J’aimerais aussi en faire un avec mon fils.
Et je me suis commandé des souliers de trail pour courir en montagne et peut-être faire un ultra l’an prochain. Un nouveau défi!>

Et tu conseilles quoi aux gens qui souhaitent eux-aussi faire un gran-d-tour?

<Peu importe la décision qu’on doive prendre dans la vie, je pense qu’il faut écouter son cœur. La tête ne donne pas toujours les bonnes réponses même si elles peuvent paraître plus logiques ou sensées. Il faut lâcher prise sur ce que ça devrait être et se recentrer sur le moment présent. Si tu vis avec ton cœur, tu es capable de voir la magie partout et de tout accomplir.>

 

 

 

Julie

Julie a travaillé pendant 10 ans comme cadre marketing dans des compagnies financières du Québec. Un jour, ça ne va plus. Cette vie ne la rend plus heureuse et elle décide de quitter ce milieu pour devenir consultante et fonder GRAN-D-TOUR, une plateforme web qui souhaite inspirer les gens à faire à leur tête et à ne pas hésiter à changer de direction quand ils en ressentent le besoin.

About Julie

Julie a travaillé pendant 10 ans comme cadre marketing dans des compagnies financières du Québec. Un jour, ça ne va plus. Cette vie ne la rend plus heureuse et elle décide de quitter ce milieu pour devenir consultante et fonder GRAN-D-TOUR, une plateforme web qui souhaite inspirer les gens à faire à leur tête et à ne pas hésiter à changer de direction quand ils en ressentent le besoin.

One Comment

  • Christiane fillion dit :

    Merci pour cette belle histoire de courage et de détermination.
    J’ai toujours aimé courir. ..plus jeune !
    Un marathon. ..jamais.
    Maintenant j’ai 63 ans. …et cette histoire me donne le goût. ..???

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